Coup d’Etat en Europe ?
Olaf Scholz souhaite en finir avec la règle de l’unanimité au Conseil, en lui substituant celle de la majorité qualifiée. Cette proposition ne doit pas non plus être prise à la légère. Si elle venait à être adoptée, tout le subtil et efficace équilibre entre nations qui caractérise la construction européenne en serait transformé. Elle signifie à terme l’éjection de la France du Conseil de sécurité de l’ONU, parce qu’elle finirait par être remplacée par un représentant de l’UE, ce qui correspond à une demande réitérée de la quasi-totalité des membres de l’Union. Cela signifie que l’Union européenne ne fonctionnerait plus comme une union d’États-nations avec des intérêts propres mais comme la juxtaposition de membres européens d’un grand corps qui serait l’Europe. Autrement dit, qu’il serait de plus en plus difficile de faire jouer la clause de défense de l’intérêt national, si cela s’avérait nécessaire. Il faut prendre conscience de l’engrenage qui serait enclenché. Autant le dire clairement: c’est inadmissible, car c’est une atteinte insupportable à l’indépendance nationale. Si la France entre dans cette logique, en dépit de toutes les précautions de langage, c’est la fin de l’indépendance nationale.

