Avec 500 millions de voyageurs chaque année, l’Union Européenne est, de loin, la première destination touristique mondiale. À tel point que certaines villes étouffent littéralement. Faut-il en finir avec le tourisme de masse, symbole de la démocratisation des vacances ? Au risque d’une casse sociale massive ? Pour nous aider à y voir plus clair, trois citoyens aux points de vue différents débattent: Mato Frankovic, le maire de Dubrovnik, depuis son élection, il a réussi à diviser par deux le flux de visiteurs ; Demy Voziki, directrice de l’Office National Hellénique du tourisme en France ; et Gilda Hernández-Maskvivker, qui dirige le département tourisme et hôtellerie à l’université Ramon Llull de Barcelone. Des échanges ponctués par les témoignages de neuf Européens, qui ont défriché le sujet en amont de l’émission et un reportage en Norvège, où d’immenses Ferrys pénètrent dans les fjords, au grand dam des locaux et des écosystèmes naturels. Puis, dans notre grand entretien, Nora Hamadi reçoit le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa, et l’interroge sur la nécessité de repenser notre rapport au temps.
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Bonjour à tous bienvenue dans 27, 27 vous l’aurez compris comme les 27 pays de l’Union et c’est presque 500 millions d’Européens au programme de cette émission peut-on réinventer le tourisme avec 500 millions de voyageurs chaque année l’Union européenne est de loin la première destination touristique mondiale à tel point que certaines villes le ciel le rail étouffe littéralement faut-il en finir avec le tourisme de masse symbole de la démocratisation des vacances au risque d’une casse sociale massive man
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économique ou naufrage écologique nous avons posé la question aux Européens de l’atelier organisés en amont de l’émission en un mot je dirais opportunité le tourisme c’est le bonheur pour moi on peut résumer le tourisme en disant connexion expérience découverte des autres que ce soit positif ou négatif trop de monde trop de monde et pour en débattre je reçois le maire de Dubrovnik monsieur Matteo francovic élu en 2017 par des habitants excédés par le surtoutisme dans cette ville croate des cordes la série Game
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of Thrones depuis son élection il a réussi à diviser par deux le flux de visiteurs demi votre séquet directrice de l’office national et Lennik du tourisme à Paris sa mission attirée les Européens en Grèce Gilda Hernandez et directrice du département de gestion du tourisme et de l’hôtellerie à l’Université ramonloul de Barcelone avec elle nous analyserons la part du tourisme dans nos économies notre reportage nous emmènera en Norvège aux immenses ferry croisent au large des fjords nouvelles destinations à la mode au grand dames des locaux et des
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écosystèmes naturels ici on a ce qu’on appelle la pollution humaine il y a trop de gens au même endroit je suis navré pour tous ces touristes à bord franchement la façon dont ils sont traités ils font la queue juste la queue c’est vraiment une forme stupide de tourisme pour la Norvège et enfin notre grand entretien je recevrai le sociologue philosophe allemand Hartman Rosa selon lui l’accélération de notre société nous pousse à faire de nos loisirs de nos vacances des moments optimisés nous aurions versé là aussi dans le productivisme et il faudrait
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donc renverser notre rapport au temps voilà c’est le programme de 27 faites vos valises c’est parti écoutez le glissement des vagues
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l’écoulement du sable le crépitement du soleil on n’est pas bien là 16,4 millions de nuitées chez nous en 2019 c’est beaucoup alors d’habitants mais nous avons 20 millions de visiteurs par an il y a 1,3 milliards de touristes qui voyagent dans le monde aujourd’hui et dans 10 ans il y en aura deux milliards les vacances avant c’était simple les riches s’amusaient et les pauvres en avaient pas voilà mais depuis les années 80 le tourisme se démocratise en 50 ans il y a eu 7 fois plus de vacanciers dans le monde et
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cette fois plus de passagers dans le ciel et tant pis si on se marche dessus on y renoncera jamais le droit aux vacances c’est une conquête sociale et en matière de conquête sociale on ne revient jamais en arrière en plus en Europe on adore les touristes mais surtout leur porte-monnaie le secteur rapporte 340 milliards d’euros par an et 27 millions d’emplois en Grèce ou en Croatie il représente une part vitale du pays B mais aussi beaucoup d’amour les touristes a été également un facteur de paix de compréhension de tolérance et de découverte des cultures c’est
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aussi sale tourisme l’amitié entre les peuples avec bienveillance mais aussi avec bienveillance ici on a vraiment atteint le stade de la haine envers les touristes les habitants se sont mis à crier sur les groupes il pousse même les gens de leur vélo la dernière fois à Pâques on a eu plus de 100 000 touristes en une journée à Venise plus personne ne pouvait marcher 50% des touristes mondiaux viennent en Europe c’est dingue on s’entasse à Venise Paris ou Barcelone alors que c’est super l’Ouzbékistan
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en plus il y a personne le monde est vaste il y a de la place pour tout le monde sauf que tout le monde va au même endroit alors que faire faut-il arrêter de partir limiter le nombre de touristes en vacances plus qu’ailleurs l’enfer c’est les autres mais c’est qui les autres c’est pas nous quand même si l’enfer c’est les autres et est-ce que ce serait pas un peu nous en fait justement ces petits diables Gilda Hernandez qu’est-ce qu’on a fait de notre tourisme de nos vacances en fait ok nous
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avons fait du tourisme sans penser à l’avenir sans planifier l’avenir nous nous sommes donc concentrés seulement sur l’augmentation du nombre de touristes et pendant de nombreuses années nous avons utilisé cet indicateur pour évaluer le succès des destinations sans tenir compte des autres critères et puis maintenant nous rencontrons ces problèmes que nous voyons aujourd’hui alors justement des problèmes à résoudre j’imagine que d’aimer vos équipes c’est aussi la situation de la Grèce on a vu pendant le covid une graisse asphyxiée
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par le manque de touristes est-ce que c’est finalement aller un leurre ce modèle économique il est vrai que ces dernières années le tourisme c’est énormément développé le tourisme comme tout activité économique et déterminée par l’offre et la demande quand toutes les compagnies aériennes proposent les mêmes destinations quand tous les tours opérateurs font la même chose il est logique que les gens se concentrent dans les mêmes lieux nous ces dernières années nous avons une stratégie très précise nous essayons d’allonger la saison touristique de dire venez à son Torin
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mais venez en octobre et visiter les caves à vins qui produisent des vins de haute qualité break comme on dit en novembre ou en mars les Cyclades sont magnifiques mais elles ne sont qu’une petite partie du territoire grec il existe des milliers d’autres choses à découvrir et c’est pas simple de lutter contre une forme d’instin grégaire des touristes qui veulent tous voir la même chose et se faire photographier pour poster ça sur Instagram mais Corentin en tout cas que l’on aime ou pas ce tourisme de masse c’est un extraordinaire
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moteur économique pour ces pays oui chaque été vous angoissez en voyant votre plage préférée saturé de touristes et ben vous pouvez peut-être vous consoler en vous disant que c’est touristes sont en train de vous rapporter de l’argent oui par exemple en France chaque touriste étranger va dépenser en moyenne 600 euros lors de son séjour et un touriste chinois lui c’est beaucoup plus c’est 950 euros par jour n’importe où dans le monde alors évidemment vous allez me dire c’est de l’argent qui va pas directement dans nos poches oui mais 10% du
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PIB union de l’Union européenne vient des retombées du tourisme alors malgré ces chiffres plantureux est-ce que l’économie qui est créée elle est stable elle est viable elle est durable on a demandé aux participants de notre atelier et leur réponse c’est oui mais non le tourisme apporte tellement de bénéfices pour beaucoup de pays pauvres qui dépendent de l’industrie du tourisme et la façon dont on va développer ce tourisme c’est à dire de façon durable et d’un point de vue économique et bien cela apportera beaucoup d’argent à ces
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pays et cela bénéficiera aux populations pauvres qui vivent a décidé dans les années 1970 de devenir une ville touristique c’était une petite ville de 3000 habitants et maintenant on est 70 000 en démocratisant ce type de tourisme dont tout le monde peut bénéficier les gens apprennent à se connaître et sont heureux c’est très important pour nous et on sait qu’on peut le faire Venise est devenu une ville entreprise et on a vu les effets de cette la culture une économie entièrement centrée autour du tourisme et ça à nuit à notre ville
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le tourisme qu’on a connu depuis 20 ou 30 ans et le fruit de la mondialisation partout l’économie est centrée sur le tourisme elle crée des emplois mal payés alors doit-on partager nos cultures oui bien sûr mais pour le moment on ne peut pas dire que c’est du tourisme durable c’est une expérience massive en espérant que l’avenir sera meilleur vraiment cette pandémie nous a montré à quel point nous sommes dépendants du tourisme pour le meilleur et pour le pire qui s’est installée dans ces villes qui dépendent aujourd’hui uniquement
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de l’activité touristique en terme de revenus totalement du tourisme ont réalisé qu’elles doivent diversifier leur offre non seulement en proposant différents produits touristiques mais aussi en créant d’autres sources d’emploi et c’est très très important pour nous comme Gilda l’a dit la question de la diversification du produit est très importante je l’ai rapidement évoqué tout à l’heure en proposant concrètement d’aller randonner dans les montagnes grecques nous avons 20 stations de ski personne
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ne le sait ça en Grèce nous avons des hivers et en hiver il fait froid et nous pouvons proposer de nombreux activités différentes de manière durable et responsable je suis totalement d’accord avec vous sur le développement et la diversification dans d’autres domaines et d’autres produits mais c’est vrai que si jamais il y a une nouvelle pandémie il faut avoir un plan B matou Francky on voit en fait à l’instar de la Grèce ou de la Croatie quand dans votre économie le tourisme il pèse pour un quart
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est-ce que vraiment on peut s’en passer est-ce qu’on peut véritablement limiter ça ces deux dernières années ont été difficiles pour nous mais comme Winston Churchill l’a dit un jour les crises engendre des opportunités par exemple en temps de pandémie nous nous sommes tournés vers les nomades digitaux et ça a été très profitable économiquement nous avons permis à de nouvelles personnes de séjourner plus longuement à Dubrovnik et ça nous a permis de nous tourner vers une nouvelle niche de touristes films c’est le tourisme cinématographique que
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nous voulons développer davantage à l’avenir en pleine pandémie Nicolas Cage a tourné un film à Dubrovnik donc c’est aussi dans cette direction que nous voulons aller si vous informez sincèrement les gens de la jauge de la ville selon les périodes vous verrez que personne n’a envie de venir dans une ville surchargée de visiteurs et toutes ces villes réputées hotspot par le passé c’est-à-dire régulièrement débordé par le tourisme elles envisagent désormais d’indiquer
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la meilleure période pour les visiter c’est une façon de proposer un service de haute qualité faire en sorte de changer les usages aussi à l’image de Dubrovnik Corentin malgré les bénéfices records que leur rapporte ce tourisme certaines villes se battent pour attirer moins de visiteurs oui et la stratégie marketing pour éloigner les visiteurs je vous donne le petit conseil si vous voulez utiliser Monsieur le Maire c’est de ne plus parler de la ville de ne plus faire sa promotion c’est pas une blague c’est une stratégie qui est
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sérieusement adoptée par certains offices de tourisme de grandes villes européennes stratégie que je ne vais pas contrecarrer en citant ces villes mais je peux vous dire qu’on en a parlé pendant l’atelier elle était fortement défendue par une habitante d’une ville au nord de l’Europe vous savez avec des canaux et des vélos et une autre ville au sud de l’Europe elle aussi avec des canaux et des gondoles mais j’ai rien dit écoutez-les municipalité d’Amsterdam a dit ne venez pas à Amsterdam allez voir ailleurs le fils
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du tourisme n’a plus le droit depuis 2018 donc avant le covid de promouvoir la ville je propose cette idée Venise a besoin de démarquer moins de publicité pour venir parce que Venise est déjà une marque mondiale ok donc faire du des marketing arrêtez de faire en sorte de promouvoir les destinations mais alors pardon Mato francovitch mais qu’est-ce que ça veut dire d’arrêter de faire de la publicité pour les villes quand vous avez Game of Thrones ou Nicolas Cage dont vous me parliez à l’instant qui vient faire des films chez vous ça veut plus rien dire
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à mon avis cette stratégie est complètement erronée c’est une erreur il y a d’autres solutions plus rapides si les rues de votre ville sont encombrées de table et de chaises de restaurant faites-les enlever dans certaines villes comme Venise les rues sont littéralement surchargées de commerce de souvenirs il faut les retirer cela vous confronte à une difficulté économique et c’est donc une décision politique difficile cependant nous l’avons prise à Dubrovnik difficile parce que à terme ça veut dire vous ne serez pas réélu Monsieur le Maire vous voyez
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j’ai fait cela en 2017 et j’ai été réélu en 2021 donc il faut seulement être courageux et bien savoir ce que vous voulez faire 70% des stands de souvenirs ont été supprimés des rues de Dubrovnik et plus de 30% des tables et des chaises ont été enlevées cela a permis d’aérer les rues et la capacité d’accueil de Dubrovnik est actuellement beaucoup plus grande qu’il y a 4 ans de cette façon nous avons amélioré la ville non seulement pour les visiteurs mais aussi pour ses habitants n’oublions pas qu’ils sont notre préoccupation principale
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alors pensez aux citoyens aux résidents donc ça veut dire rendre la ville à ses habitants c’est ce que j’entends mais ça veut dire aussi bah être en capacité avoir le courage politique de se prendre dans la figure les croisièresistes ceux qui organisent les voyages ou peut-être à côté de vous des mimositis dont le travail en fait va finir peut-être par disparaître puisque il s’agira d’arrêter de faire le marketing de son pays qu’est-ce que vous en pensez je pense qu’au contraire notre rôle est encore plus important aujourd’hui car nous devons
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justement promouvoir et projeter autrement le tourisme comme on l’a vu dans le reportage on voyageait différemment en 70 ou en 80 et la démocratisation du tourisme c’est quelque chose que tout le monde souhaitait les compagnies low cost qui ont contribué tout comme les nouveaux modèles d’hébergement locatifs mais tout cela nécessite une approche et un regard pertinent donc nous nous sommes là pour dire venez visiter les merveilleuses montagnes des pires venez découvrir les îles lyonniennes que le public français ou allemand ne connaît pas toujours et surtout
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venez en Grèce tout au long de l’année mais vous comprenez que par ailleurs quand les gens viennent en Grèce et qu’ils ont envie de voir le Parthénon et bah quoi qu’il arrive ou qu’il vienne en France ils veulent voir la Tour Eiffel est-ce qu’à un moment à l’instar de Dubrovnik ou à l’instar du parc des Calanques en France ou de l’île de Porquerolles est-ce qu’il va falloir limiter ses destinations je ne pense pas qu’une telle chose sera nécessaire car vous savez on associe encore
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beaucoup Athènes à la saison estivale Athènes à l’heure actuelle et surtout vu comme un lieu de passage vers les îles et nous essayons justement d’inverser la tendance c’est à dire de faire d’Athènes une destination de type city break sur toute l’année et je peux vous dire à titre personnel qu’une visite du Parthénon en novembre ou en mars est incroyable parce qu’il n’y a pas beaucoup de monde parce qu’il ne fait pas trop chaud c’est dur de visiter un site archéologique
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sous 40 degrés Athènes est une capitale avec des températures élevées alors le tourisme de masse vous allez le voir ne Savit pas que dans les grandes cités européennes en Norvège les touristes sont nombreux à choisir les croisières pour admirer les fjords protégés par l’Unesco à tel point que le gouvernement a décidé d’y interdire les bateaux polluants dès 2026 mais l’impact de ce tourisme n’est pas seulement environnemental reportage au fond du fjord avec Marie-claire polo
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ma famille vit ici depuis des siècles moi je gère cette ferme depuis 30 ans pour moi c’est la maison c’est vraiment la maison pour cet agriculteur cet endroit pourrait être le paradis à un détail près des paquebots comme celui-ci chargé de 3 à 6000 personnes il en est arrivé 87 saisons à Flom niché au fond du plus long fjord de Norvège ce petit port est depuis des années une escale privilégiée des compagnies de croisière et ça me rend triste il transforme cet endroit en Disneyland
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dans les fjords norvégiens les paquebots de croisière font partie du paysage mais avec leur accumulation Flam est devenu en 2017 l’un des 60 ports européens les plus touchés par leur pollution au soufre alors le gouvernement a décidé que ce fjord de protéger par l’UNESCO serait interdit aux bateaux polluant à partir de 2026 pour continuer d’emmener les voyageurs dans ses bras de mer la compagnie historique du pays urtigruten s’est lancé dans la transformation de ces navires côtiers
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on a ces deux supports qui sont prêts et les batteries pourront bientôt être installées donc dans les prochaines semaines nous serons opérationnels à l’électrique une technologie hybride qui devrait réduire d’un quart les émissions carbone du bateau je crois que c’est nécessaire de le faire pour l’environnement et aussi pour montrer au monde que nous faisons quelque chose que nous mettons nos bateaux à niveau mais ce navire n’accueille que 500 passagers le problème ce
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sont surtout les gros paquebots de croisière pas seulement par la pollution de leur moteur mais par la masse des touristes qu’il transporte amaré à flum un village de 350 habitants ce navire peut débarquer plus de 6000 passagers ici on a ce qu’on appelle la pollution humaine il y a trop de gens au même endroit je suis navré pour tous ces touristes à bord franchement la façon dont ils sont traités ils font juste la queue ce n’est que ça faire la queue faire la queue faire la queue c’est vraiment une forme de tourisme stupide pour la Norvège
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pour les autorités du port au contraire le gouvernement se trompe en voulant interdire le fjord au bateau polluants avec cette décision nous pourrions avoir beaucoup moins de croisieristes qu’aujourd’hui et les conséquences sont énormes car les paquebots de croisière sont très importants pour l’économie locale à flamme les passagers représentent un quart des touristes apportent-ils vraiment à l’économie locale ce n’est pas la vie de ce chercheur qui étudie les comportements des touristes
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de croisière ne dépensent pas d’argent à terre et la raison est évidente les croisières sont des vacances tout compris donc pourquoi dépenserait-il leur argent ici pourquoi irait-il au restaurant et même s’ils arrivent à développer ces technologies moins polluantes ça ne changera rien à l’impact économique qui laisseront toujours aussi peu d’argent le chercheur préconise donc de se passer complètement de ce type de tourisme mais ce n’est pas le cap fixé par les autorités 4 millions de passagers sont
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attendus dans le pays en 2022 un record on a entendu des mots extrêmement forts surtout risque d’accord mais Disneyland disait Sion pollution humaine est-ce que c’est ce que vous avez vécu Matho Francoville est-ce que vous diriez que ce n’est pas un tourisme de bonne qualité ce surtourisme qui arrive par des bateaux de croisière qui font 15 étages il ne faut pas lutter contre les compagnies de croisière il faut coopérer avec elle nous avons été la première ville à se rapprocher
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des compagnies de croisière pour discuter de leur organisation et des photos de ceux à quoi ressemblent Dubrovnik quand six bateaux y séjournent en même temps et on ne leur avons posé une question très simple aimeriez-vous être parmi ces gens collés les uns aux autres qui ne peuvent pas bouger et qui ne peuvent rien voir de la ville ils ont répondu non bien sûr alors on leur a demandé savez-vous d’où viennent ces visiteurs ce sont les gens que vous avez amenés à Dubrovnik et qui ont eu une très mauvaise expérience ici
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alors nous avons convenu ensemble d’un nouvel objectif que nous avons atteint pas à pas et aujourd’hui nous accueillons jamais plus de deux bateaux de croisière en même temps ils arrivent à un horaire plus favorable et reste au moins 6 heures au port cela permet aux visiteurs de découvrir la ville et ses musées tranquillement de profiter des restaurants de vivre un bien meilleur séjour il y a aussi le fait que le touriste sache en montant sur un bateau de croisière quel genre d’expérience il recherche aujourd’hui nous parlons de tourisme régénératif on passe donc
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du tourisme durable au tourisme régénératif c’est-à-dire que l’état d’esprit du touriste change aussi pas seulement le secteur public et privé mais aussi le comportement du touriste qui se dit ok quel genre d’impact ai-je sur la destination si je pars en croisière et qui ne pense pas qu’à son plaisir donc c’est aussi notre rôle de travailler sur le comportement du touriste alors justement cet impact du tourisme de masse finalement ne serait pas une fatalité alors oui alors Venise et Rome ont pas encore interdit de faire des selfies mais il y a des
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lois qui sont votées de plus en plus pour réduire cet impact par exemple à Rome vous ne pouvez plus depuis 5 ans vous asseoir au bord de la fontaine de Trevi ou n’importe quel autre fontaine d’ailleurs et encore moins vous baigner dedans sous peine d’une amende dans des plaies aux amoureux de Fellini par ailleurs à Florence vous ne pouvez plus vous asseoir le midi sur les marches de l’église puisque la mairie là ils ont employé la méthode forte ils arrosent do carrément les marches des églises tous les midi afin que les touristes ne prennent
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plus le pique-nique au-delà de ces petites mesures on va dire d’éducation des touristes Berlin interdit les locations de courte durée désormais sur Airbnb pour réduire la pression sur le marché locatif et 10000 logements voilà ont été retirés de la plateforme depuis cette loi noire alors au-delà des autorités Corentin il y a aussi des entreprises un touristique qui réfléchissent à cette notion d’impact qui pense de plus en plus un tourisme plus durable et plus responsable oui on a reçu deux d’entre elles justement dans notre atelier venu du Portugal
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et puis d’Amsterdam avec donc cet objectif de sortir comme vous le disiez des sentiers battus des passages obligés mais la question qui se pose et qu’on leur a posé c’est quand un touriste a franchi toute l’Europe voire même le monde entier pour arriver par exemple à Paris est-ce que vous pouvez vraiment le convaincre de ne pas aller s’entasser au pied de la Tour Eiffel écoutez leur réponse je crois que c’est difficile de demander aux gens d’aller voir d’autres choses et
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d’éviter la Tour Eiffel à Paris par exemple ou le quartier de l’alfa mal à Lisbonne c’est très dur il y a des moyens pour que les touristes voient autre chose d’abord on va leur trouver des logements qui ne sont pas en plein centre-ville et puis on va leur demander de donner de leur temps ils vont acheter local ils vont goûter à la cuisine de la région dépenser leur argent dans ses quartiers et cela va permettre de donner une bonne image du tourisme aux habitants il faut faire attention quand on parle de réinventer le tourisme à ne pas exclure
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une partie de la population parce qu’il ne pourrait pas s’offrir une telle expérience et je crois que c’est un phénomène qui se généralise un peu partout dans le monde alors finalement ok pour avoir des expériences particulières quelque chose qui sorte de l’ordinaire mais est-ce que le risque ce n’est pas d’exclure en fait la plupart des gens qui ne vont pas pouvoir s’offrir ces expériences là qu’est-ce que vous en pensez et je ne pense pas qu’il y a un tel risque pour moi la clé est vraiment l’éducation des Voyageurs
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du Monde dans son ensemble et du secteur du tourisme donc là la nouvelle génération de voyageurs les millenioles qui sont la partie la plus dynamique des voyageurs dans le monde en sont très conscients et heureusement de notre côté nous devons adapter l’offre la question des vacances de qualité n’est pas forcément liée à un coût qui est exclurait certains groupes vous êtes d’accord finalement c’est pas une question de moyens c’est juste une question de mieux diluer l’offre et faire en sorte qu’il y ait des expériences différentes
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les choses vont changer de manière significative dans les années à venir en effet les facteurs clés sont en fait les organisateurs de voyage ils vendront l’expérience du tourisme durable dans le futur vous verrez à partir de l’année prochaine des principaux outils marketing pour de nombreuses villes de nombreux pays mais aussi les agences et les opérateurs de voyage sera de proposer des destinations touristiques durables que vous nous montrez les gens qui font la queue au musée pour prendre en photo le lieu où ils
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étaient photographier mais leur expérience là-bas au milieu de 1500 personnes et mauvaises imaginez s’il n’était qu’une centaine alors il sentirait l’espace et le charme de cet endroit et c’est ce qu’il feront à l’avenir regardez c’est vrai on voit exactement à quoi ça ressemble ici donc c’est ce type de tourisme qui ne se vendra plus à l’avenir car l’offre est créée par la demande et la demande pour ce genre d’expérience n’existera plus car ce n’est
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pas une bonne expérience c’est mauvais c’est un exemple de mauvaise gestion et à l’avenir croyez-moi ça se régularisera tout seul ça manchestergolais est-ce que vous êtes aussi confiante Gilda Hernandez est-ce que ce tourisme durable selon vous vraiment ça peut exister se produisait je signerai tout de suite vraiment je pense qu’il est vrai que celui qui offre un produit touristique doit être conscient des conséquences qu’il va engendrer bon nous avons une poule aux œufs d’or qui nous a donné beaucoup d’or pendant longtemps mais ça
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ne peut pas continuer par conséquent les grands tours opérateurs les grandes entreprises chargées de vendre ce type de forfait touristique doivent changer car la population locale qui veut dire par exemple comment on les fait changer est-ce qu’il faut un bonus malus pour les entreprises qui produisent du tourisme de masse et qui n’est pas un tourisme durable comment on fait le changement mais je pense comme dit le maire qu’il va se produire aujourd’hui il faut des esprits créatifs
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il faut des gens qui soient des stratèges des gens qui ne pensent pas seulement à l’impact économique de la destination donc la pandémie doit nous servir à quelque chose nous avons eu des milliers de débats des milliers de réflexions sur le sujet mais peu de plan d’action nous devons donc impliquer les personnes qui prennent réellement les décisions dans le secteur public et dans le secteur privé alors justement dans une planète qui est finie avec des ressources qui ne sont pas
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absolue Corentin dans l’atelier il y a eu une proposition encore plus radicale pour faire en sorte que notre tourisme soit responsable mais dans l’atelier et puis elle est également beaucoup revenue dans notre grande consultation que nous avons lancé vous savez sur Internet c’est simple ça tient en trois mots plus d’avion jamais voilà en tout cas ça revient beaucoup et aussi il faut savoir que 8 % de des gaz à effet de serre qui sont émis dans le monde viennent du tourisme alors voilà vous aviez prévu d’aller en
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Thaïlande d’aller en Argentine cet été si vous aviez finalement en Bretagne c’est sympa aussi en somme c’est ce que nous nous conseillait la participante suédoise de notre atelier et là avant voyager c’était pour les riches c’est toujours le cas mais il faut savoir que 80% de la population mondiale n’a jamais pris l’avion si tout le monde prenait l’avion comme nous nous pourrions jamais atteindre nos objectifs pour le climat quand on parle de ces sujets et je pense
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que tout le monde est bien conscient des enjeux actuels il faut être honnête et voir à quel point on veut être radical est-ce que je vais arrêter personnellement de prendre l’avion non donc je n’ai plus qu’à lever la main et dire que je fais partie du problème alors en suédoise ça s’appelle le flixcam cette honte de prendre l’avion est-ce que finalement c’est le SESSAD le sujet quand on voit en plus que de plus en plus de jeunes générations ont aujourd’hui en fait envie
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de réinventer le tourisme autrement c’est-à-dire en bas de sa rue bah vos villes peut-être vos pays seront condamnés à ne plus avoir ces touristes là on est en train de changer de paradigme monsieur francovic je ne suis pas du tout d’accord avec le fait que les gens devraient arrêter de voyager en avion au contraire nous ne voulons pas que les gens viennent dans notre ville en voiture notre infrastructure routière ne pourrait pas accueillir autant de véhicules en même temps on
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veut rester ouvert et nous souhaitons que les gens continuent à venir chez nous en avion comme il le font d’ailleurs depuis des années mais est-ce que c’est durable dans une planète enfin on nous parle de transition écologique de nécessité de repenser nos mobilités et vous nous dites NON venez quand même en avion est-ce que vous pensez vraiment que c’est soutenable absolument durable si c’est nous qui le gérons si nous disons que nous limitons nous-mêmes le nombre d’avions journaliers alors
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c’est soutenable si le tourisme de croisière peut être géré le tourisme aérien peut l’être aussi ces débats autour de il faut arrêter l’avion faut changer nos mobilité le tourisme en fait il peut se faire à une heure de chez nous le covid nous a aussi appris ça on est en train vraiment de changer de doctrine la question est de savoir comment chaque secteur va s’adapter les compagnies aériennes du moins les compagnies européennes ont toutes commencé leur transition elles ont déjà acheté de nouveaux types d’avions qui pourront fonctionner avec des biocarburants ce
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qui va changer complètement le débat sur les polluants en ce moment au niveau européen il y a beaucoup d’initiatives importantes comme l’Orient-Express qui reprogramme des trajets et tout cela relève de ce que nous appelons le slow tourisme je pense que la combinaison entre les compagnies aériennes qui s’adaptent les unités touristiques qui se renouvellent les lieux d’hébergement et toutes les nouvelles formes de tourisme qui se développent cela promet une mosaïque très intéressante pour l’avenir gilderlandais finalement l’avenir
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du tourisme c’est de changer de changer notre rapport au temps c’est de redécouvrir le train pourquoi pas de reprendre l’Orient-Express sur deux ou trois mois et de s’y arrêter on voit que effectivement cette ce rapport autant il est aussi interrogé par ses nouvelles pratiques c’est vrai qu’il est très important de valoriser tous ces gestes que l’industrie ou les destinations touristiques tentent de faire en faveur de ce changement de modèle sans tomber pour autant dans le greenwashing dont on parle toujours de dire par exemple ok je te fais réutiliser ta
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serviette de bain mais par ailleurs je rémunère très mal la femme de chambre donc l’utilisation d’indicateurs pour déterminer si je suis vraiment face à une destination durable une entreprise durable ou si je voyage de manière responsable doit être évalué à l’aide de divers critères s’il vous plaît dites-le-moi si vous n’êtes pas d’accord pour nous cette crise pandémique a créé une opportunité pour repartir de zéro avec un tourisme durable avec une nouvelle histoire et avec une nouvelle génération nous y sommes entrés en 2020 et nous nous
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projetons en 2023 et ensuite vers un avenir où la durabilité sera la clé du succès alors ce que j’entends c’est qu’il ne faut jamais gâcher l’opportunité d’une crise et que c’est comme ça aussi qu’on renversera la table et qu’on changera de paradigme sur le tourisme merci beaucoup à tous les trois de nous avoir éclairés sur cette question on y reviendra ça j’en suis convaincue merci Corentin chrétien de rose et nous allons justement revenir sur cette question sur cette question du rapport au temps sur faut-il changer notre manière de
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visiter dans notre grand entretien je reçois art notre Rosa sociologue et philosophe philosophe et sociologue professeur à l’université Friedrich Schiller dienna directeur du Centre Max Weber à l’université de airfourt Harpout Rosa figure parmi les 35 penseurs qui influencent le monde selon le nouveau magazine littéraire il fait partie de cette nouvelle génération qui s’inscrit dans le sillage de la critique de la valeur penseur anti-modernité et auteur entre autres d’accélération une critique sociale du temps il nous explique pourquoi notre rapport au
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monde et au temps justement doit changer bonsoir bonsoir allô merci d’être avec nous pendant notre débat juste avant on a entendu en fait des des Européens qui nous ont dit qu’aujourd’hui le tourisme de basse s’apparentait à une forme de pollution humaine qu’est-ce que vous en pensez c’est une façon très dure de dire les choses mais il ne fait aucun doute que le tourisme d’une part contribue fortement à la crise écologique actuelle et ce pour diverses raisons non
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seulement parce qu’il consomme beaucoup d’énergie mais aussi parce qu’il réduit véritablement cendres en partie des paysages et des monuments culturels et je pense qu’il est aussi vraiment l’expression d’une forme de vie qui arrive à ses limites et qui génère ses propres problèmes mais pourtant on est arrivé aussi à un moment où la démocratisation de ce tourisme a permis à beaucoup d’accéder à une forme de savoir à pouvoir expérimenter ce que jusque là seuls les plus riches avaient eu l’opportunité de faire est-ce que c’est un retour arrière
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non je ne pense pas que ce soit un retour en arrière et nous ne devrions pas non plus essayer de le faire on ne peut pas revenir en arrière et le fait qu’il y ait la possibilité de nous déplacer et de voyager à travers le monde et que cela soit démocratique et encore ça n’est pas vraiment démocratique ce sont essentiellement les riches et les Occidentaux mais des millions voire des milliards de personnes ne peuvent toujours pas voyager mais ils ont aussi ce désir je pense que la manière dont nous voyageons dont nous nous déplaçons et
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de manière générale dont nous vivons doit changer on voit dans la nature même de notre tourisme occidental presque un moment de panique les gens doivent être constamment en déplacement alors qu’ils ne sont même pas encore rentrés de voyage ils se disent déjà je dois faire mon prochain voyage et y faire le plus de choses possible et cette logique d’escalade que j’appelle une logique d’augmentation de la modernité arrive à ses limites c’est elle qu’il faut changer c’est que nous serions finalement dans nos vacances dans un prolongement
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juste de notre quotidien timé organiser ordonner qu’est-ce que cela dit de nous que nous vivons un rapport au monde problématique la manière dont nous nous référons au monde dont nous vivons notre vie est problématique et là on s’aperçoit effectivement que nous transposons aussi autorise les schémas que nous vivons dans notre vie quotidienne et dans nos combats de tous les jours pour la vie en effet très intéressant cela conduit à ce que les gens lorsqu’ils partent en vacances veulent que tout soit le plus rapide possible
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l’enregistrement doit être rapide le checkout doit être rapide par exemple que les gens la réception de l’hôtel se dépêchent pour que pour une fois nous puissions avoir plus de temps mais même le temps dont nous disposons en vacances nous essayons très souvent de l’utiliser de la manière la plus intensive possible de le remplir avec le plus de choses possible ou au moins si nous décidons de ne rien faire de tirer le maximum de ce temps d’inactivité ce qui veut dire que nous n’avons plus de temps un productif la productivité a touché y compris c’est
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en mort que son censés être les vacances qu’est-ce que c’est une civilisation sans temps mort est-ce que je crois que en fait nous envoyons assez bien les conséquences d’après mon diagnostic nous développons presque une sorte de rapport d’agression au monde nous voulons rendre les choses disponibles contrôlables accessible et cela conduit à des crises écologiques nous surchauffons la planète mais en fait nous nous surchauffons aussi nous-mêmes nous avons pour cela le terme de Burn Out c’est une manière erronée pathologique d’appréhender le monde
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à travers laquelle on peut bien faire ce qu’on veut se déplacer d’un endroit à l’autre d’une curiosité à l’autre nous ne sommes plus en mesure d’établir une véritable relation avec les choses c’est une véritable rencontre avec l’autre comme nous ne pouvons plus réaliser cette expérience d’un autre à laquelle nous aspirons tant nous changeons de plus en plus vite les lieux où nous nous trouvons et les choses que nous faisons et celles que nous un cycle de panique dans lequel la rencontre avec le monde ou la vie réussie de moins en
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moins et où nous devons donc voyager de plus en plus vite et faire de plus en plus de choses ce que vous nous décrivez c’est quasi une société de l’accumulation l’accumulation d’expérience de destination de photos de celle-ci depuis nos vacances c’est ça oui les photos en sont un bon exemple en fait elle s’interpose toujours entre nous et le monde où que nous soyons lorsque nous voyons quelque chose de très beau cela peut être un tableau cela peut être un château cela peut
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être une montagne ou un désert nous avons tout de suite l’idée que nous voulons immortaliser cela la photo est une tentative de mise à disposition que nous puissions l’avoir chez nous la montrer à nos amis et la télécharger sur Instagram mais je pense que tout le monde peut constater à partir du moment où nous pensons à la photo il y a presque un voile ou un mur entre nous et l’objet dont nous voulons faire l’expérience finalement nous ne vivons plus l’expérience parce que nous
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voulons la garder pour plus tard mais je voudrais ajouter que ce n’est pas simplement une mauvaise façon de vivre une façon problématique de voyager mais c’est une expérience structurelle sociale une économie capitaliste vit de l’augmentation qu’elle réalise chaque année de la croissance et de l’accélération qu’elle produit c’est pourquoi il ne s’agit pas simplement d’un problème individuel mais d’un problème social et d’un problème structurel alors jamais eu autant
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de temps libre la technologie nous a aidé aussi à gagner du temps pourtant on a toujours autant la sensation d’en manquer est-ce que pour vous c’est ça aussi sortir des logiques de croissance je pense que le grand paradoxe de la société moderne et qu’elle ne cesse d’économiser du temps et que nous sommes fantastiquement doués pour minimiser notre temps parallèlement à cela nous nous retrouvons dans une situation où nous en avons de moins en moins les gens ont l’impression qu’ils n’ont jamais assez de temps qu’ils doivent toujours faire plus de choses et
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ce n’est pas qu’un sentiment la to do list est en effet très chargée en vacances on se dit qu’il faut se reposer mais même le fait de se reposer et de ralentir peut devenir l’un des éléments de la todoliste compte tenu des nombreuses options qui s’offrent à nous des nombreuses choses que nous pourrions faire et du peu de temps dont nous disposons pendant les vacances nous nous retrouvons alors dans une situation similaire à celle que nous avions connues auparavant c’est en cela que s’exprime cette logique de croissance et d’accélération de la modernité
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j’entends de ce que vous nous dites que finalement nous sommes tous aussi pétrés de contradiction entre bon bah c’est injonctions du système qui nous pousse à accumuler et puis finalement ces envies et que dans les interstices de tout ça il suffit peut-être de marcher même sur le bord en longeant une autoroute pour entrer en résonance avec notre paysage et notre environnement comme vous le dites alors parfois les gens pensent que harput Rosa doit mener une vie très décélérée et
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lente et bien sûr ce n’est pas le cas je vis une vie accélérée et je pense que c’est exactement enfin je suis mon propre objet d’observation si vous voulez théodorat dornault a inventé le fameux dicton il n’y a pas de vraie vie dans la fosse personne ne peut atteindre la perfection je crois qu’il y a toujours de petites opportunités chaque jour ou que nous soyons à nous de décider de donner un espace et un temps aux opportunités de résonance aux petites choses inattendues ou
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alors on remplit toutes les cases de son emploi du temps et je crois que nous devons d’abord ces petites opportunités pour retrouver ce sens de la résonance dans le monde et donc peut-être pour surmonter également la crise du tourisme est-ce que j’entends c’est que voilà entrer en résonance voyager tout comme ralentir c’est un cheminement merci beaucoup Arte notre aide d’avoir été avec nous je rappelle voilà accélérant la résonance et aux éditions le premier c’est un manifeste et rendre le monde indisponible c’est publié
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aux éditions La Découverte merci beaucoup voilà 27 c’est fini mais comme vous le savez notre grande consultation continue dans les prochaines semaines nous discuterons crises de l’enseignement défiance démocratiques ou encore pouvoir d’achat vous avez envie de débattre écrivez-nous 27 c’est fini sur cet écran mais ça continue bien sûr sur tous les autres à l’heure n’hésitez pas à réagir et à commenter sur les réseaux sociaux très belle semaine à tous
